MSN: gabrielprestige@live.fr Adresse de mesagerie non personnelle, je n'y serais pas toujours connecté.Et sinon oui j'ai la webcam !
Ceux d'entre vous qui n'ont pas l'âge de lire des magazines cachés sous leur lit et qui cherchent ici des arguments pour dire flûte à papa-maman la prochaine fois qu'ils vous envoient au lit après dîner seront deçus.Tout d'abord parce que je risque d'employer des termes qu'on entend rarement dans les clips de M.Pokora, ensuite parce que l'autorité dont on va parler agit au quotidien sur des citoyens majeurs et responsables, et donc à fortiori libres.Pour eux et pour les jeunes que le sujet intéresse malgré tout, il y a un bouquin qu'il faudrait sérieusement songer à se procurer dont je vais vous dire deux mots...
Grâce à une serie d'éxperiences réalisées entre 1950 et 1963 qui ont fait date dans le milieu de la psychosociologie, Stanley Milgram a mis à jour les mécanismes de l'obéissance face à l'autorité.A sa publication, cette recherche à créée la controverse aà la fois pour ses résultats (que beaucoup n'ont tout simplement pas voulu admettre) et pour les methodes d'éxperimentation novatrices utilisées pour les obtenir (l'utilisation de cobayes placés en situation de stress à qui on cache le but réel de l'experience avant son denouement).On peut comprendre que le constat mis à jour par Milgram a de quoi boulverser certaines idées préconçues.En mettant en scene une pseudo seance de torture où de braves citoyens issus de toute les classes de la société se retrouvent à devoir choisir entre administrer des chocs électriques de plus en plus violents a ce qu'ils pensent être un de leur semblables ( un acteur en fait qui mime la douleur jusqu'au hurlements puis au coma...) ou désobéir à une autorité (un scientifique qui leur ordonne de continuer), il démant l'idée largement répandue que les individus agissent toujours librement en accord avec leurs convictions profondes en l'absence de menaces physique ou morales.
Ainsi, quand un sujet peut entendre sa "victime" mais se trouve dans la même pièce que le scientifique, il ne se trouve personne parmi les centaines d'individus ayant pris part au test pour arréter l'experimentation aux premiers cris de révolte du torturé.Celui-ci reçoit les décharges comme punition au cours de ce qui a été présenté aux cobayes comme une expérience sur l'apprentissage où il jouent le rôle du maître.A chaque erreur, un scientifique leur ordonne d'envoyer une décharge électrique d'intensité croissante à l'élève accroché sur une chaise.Il faudrat attendre les hurlements persistants de celui-ci et ses suppliques réppétées pour qu'un très faible pourcentage de cobayes trouve le courage de braver l'autorité du scientifique en refusant d'aller plus loin.Ils seront 62,5% à aller jusqu'au bout en envoyant à un de leurs semblables des décharges potentiellement mortelles.Des résultats similaires ont été observé à chaque fois que l'experience a été répétée partout dans le monde.
Ces résultats ont bien entendu provoqués la surprise générale.Les prévisions de comportement se sont révélées être completement en décalage avec la réalité.Les personnes interrogées à froid sur le moment de l'experience où elles refuseraient d'aller plus loin avaient en effet répondu en toute bonne foi ce qui leur semblait être une évidence : elles y mettraient fin aussitôt que la situation irait à l'encontre de leurs convictions profondes en matière d'empathie, de compassion et de justice.C'est-à-dire pas au-delà de 180 volts quand les chocs électriques deviennent très fort, et très certainement jamais jusqu'aux chocs éxtrême de 450 volts marqués de trois X sur le cadran.Dans les faits, moins de 20% des individus se sont arrêtés à cette limitte.Dans la variante où les cobayes ni ne voyaient ni n'entendaient leur victime (à part les tambourinements sur la cloison du laboratoire après un certain niveau de choc),personne ne l'a fait et ils ont été 65% à aller jusqu'au niveau maximal de chocs.Les conclusions des recherches de Milgram font froid dans le dos : à quelques très rares exeptions près, les personnes placées sous une pression autoritaire obéissent aux ordres quels qu'ils soient, quitte à torturer et tuer un innocent.Ce constat alarmant devrait vous mettre la larmichette a tous.Personnellement j'en ruisselle à chaque fois que j'y pense.Cela signifie en effet que la prochaine fois qu'Adolph Staline viendra planter sa tente dans nos vertes campagnes et demandera qu'on découpe en lamelles tous les albinos philatéliste et autres ennemis de la nation, on risque de ne pas trop broncher.Ou pas bien fort.
Bref on ne va pas se le cacher, c'est la merde.
Mais pourquoi ce manque de résistance générale face à l'autorité?Comment expliquer que nous puissions si facilement aller à l'encontre de valeurs qui nous sont inculqués dès notre plus tendre jeunesse (la pitié, l'empathie, le sens de la justice...)? Et bien figurez-vous que Milgram en parle aussi dans son livre (c'est pas la moitié d'un con le Mimil !).Et voila ce qu'il dit : "si la bonne morale ne fait pas le poids face au respect de l'autorité, c'est parce que cette dernière est beaucoup plus ancrée dans notre éducation.Elle aura donc naturellement tendance à prendre le pas en cas de frictions avec toutes les autres valeurs qu'on nous a enseignées."Si nous faisons l'objet d'une programmation sociale extrêmement forte en faveur du respect de l'autorité, ce n'est pas par hasard nous dis stan.A un certain stade de son développement, toute société doit s'organiser en créant une structure hiérarchique pour survivre.Au delà d'une dizaine d'individus dans une tribu ou un groupe, les décisions ne peuvent plus être prises éfficacement et rapidement de maniere commune.C'est pour garantir la pérenité du groupe qu'il faut créer une hierarchie où des subordonnés exécutent sans discuter les ordres d'un ou plusieur superieurs?En cas de crise, on obtient ainsi une réaction plus rapide et coordonnée de l'ensemble du groupe qui permet de faire face au mieux.Plus une société est hiérarchisée et plus elle réactive face à l'exterieur.C'est en vertu de ce principe, beaucoup plus que la superiorité technologique, que les conquistadors espagnoles et portugais du 16ème siècle ont pu triompher d'adversaires cent fois plus nombreux qu'eux et ainsi prendre possession de tout un continent en un temps record (il fallu moins d'un an à Cortès pour conquérir l'empire Aztèque vieux de plus de trois siècles...).
Voila pourquoi le respect de l'autorité à une telle importance dans l'éducation des sociétés organisées.Milgram a constaté à quel point il est difficile de s'y soustraire à l'âge adulte.Toute tentative d'y résister se traduis par un stress intense et parfois même des symptômes physiques (tics, tremblements, gestes désordonnés...) et mentaux (bafouillage, répétition de phrases rassurantes, rire hysterique...)La force de la programmation pour le respect de l'autorité est telle qu'il n'est pas rare de voire apparaître de tels symptômes même quand il n'est pas question d'y résister mais à la seule idée d'une infraction qu'on aurait pu commettre.C'est le stress classique qui apparaît chez celui qui subit un controle de police de routine alors qu'il n'a rien à se repprocher.Quand nous identifions une autorité, nous sommes ainsi programmés pour lui complaire autant que possible.D'où l'intérêt de l'uniforme pour l'armée ou la police qui permet à l'autorité d'être facilement identifiable et immédiatement respectée.
"Soummission à l'autorité" de Milgram est un ouvrage incoutournable qui nous force à nous poser d'importantes questions sur nous même et remet en cause ce qu'on pensait savoir de son propre libre-arbitre.Qu'aurions nous fait à la place du cobaye dans l'experience?Serions-nous aussi devenu l'instrument obéissant d'une autorité cruelle et insensible?Il éclaire même comment un systeme comme le nazisme, de même qu'un certain nombre de systèmes fascistes ou dictatoriaux, a pu amener des millions d'individus pas plus mauvais que d'autres sur le fond, à commettre des actes répugnants grâce à une sacralisation de la hiérarchie omnipresente.Ce faisant, il apporte un éclairage fascinant sur les rouages de la société et le comportement de l'individu face à eux.
Bon, je crois que j'ai un peu plombé l'ambiance avec mes histoires de bottes allemandes.Alors on va essayer de finir sur une note plus positive.Parce que si Stanley dresse un état des lieux alarmant, il n'en demeure pas moins optimiste quant à une éventuelle possibilité de remédier à l'obéissance aveugle à l'autorité qui sommeille dans nos tréfonds.C'est un commentateur de ses expériences, Harold J. Laski, qui nous donne la clef dans un article intitulé "Les Dangers de l'obéissance" :
"...Notre devoir, si nous souhaitons que la vie ne soit pas totalement dépourvue de sens et de valeur, est de ne rien accepter qui soit en contradiction flagrante avec nos principes de base pour la simple raison que la tradition, les conventions sociales ou l'autorité nous le prescrivent. (...) C'est pourquoi, partout et toujours, la condition même de la liberté est une attitude de scepticisme général et systématique vis-a-vis des critère que le pouvoir veut imposer"
Achetez le livre de Milgram, c'est un ordre !
Un résumé de VIVIEN FEIL tiré du magasine "sugar n°85"
Ce texte n'est pas de moi !!
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